Samedi 10 Septembre 2016 : La Robla  > Poladura de la Tercia
(23 km)

 

Étape 21/38

 


    Pierre Sansot - Dévisager

    J'aime qu'un visiteur, même s'il m'est proche, demeure sur le seuil, qu'il frappe à ma porte,
    que j'aie à deviner le sens de sa visite, que lui-même prenne le temps de savoir pour quelle
    raison il s'est rendu chez moi, parfois en vertu de la seule amitié.

    De mon côté, je ne me permettrais pas de m'introduire chez autrui sans préalable.
    Ce n'est pas par méfiance à l'égard de l'inconnu, désir exacerbé de préserver ma vie privée.
    Je crois plutôt que nous ne sommes pas immédiatement en état d'amitié.
    Même des êtres qu'une longue entente unit doivent, à chaque rencontre, réinstaurer leur amitié.
    Une certaine durée est nécessaire pour nous approcher d'un autre être.
    C'est la grande leçon de l'hospitalité.

    Nous avons à rendre au visiteur les honneurs qu'il mérite et cela exige du temps.
    Quant à celui qui arrive auprès de nous, il doit se présenter :
    Ce n'est pas là un contrôle d'identité, mais il lui faut peu à peu se pénétrer de ma demeure,
    de mon intérieur, de mon âme, pour devenir en quelque sorte mon semblable.
    Sous certaines précautions, comme l'on disait chez les gens de peu qui, d'instinct,
    avaient adopté cette forme royale de la politesse.

    Du bon usage de la lenteur
     


La solitude nous amène vers la plus simple lumière : 
Nous ne connaîtrons jamais d'autre perfection que celle du manque.
Nous n'éprouverons jamais d'autre plénitude que celle du vide,
et l'amour qui nous dépouille de tout est celui qui nous prodigue le plus.


Christian Bobin





Acqueduc à la sortie de La Robla


Ermita del Buen Suceso


A nouveau l'émerveillement devant ces montagnes colorées par le soleil levant...

         
Les sentiers ombragés et le chien en guetteur attentif !


Pont champêtre...


Le rio Bernesga tumultueux...





...et ce même Rio apaisé...



Le chemin se fraie un passage entre ces défilés rocheux...








        
        L'Ermita de Nuestra Señora del Valle                           
La Iglesia de Santos Justo y Pastor à Buiza



Je suis rejoint par le Canadien

         




C'est un enchantement !






Beau passage au milieu de ces rochers aux formes déchiquetées...





Le panorama est superbe !


Je me laisse emporter dans la contemplation...



Le pèlerin que je suis est comblé par la beauté de ces paysages...





Un grand-angle pour restituer cette impression de vastitude...


A l'entrée du pueblo, ce coq salue mon arrivée !


Visite à a la sidreria locale
 

 
Jose s'essaye au versement du cidre à la manière asturienne...


    Je quitte l'Albergue de La Robla à 7h. Les autres pèlerins sont déjà partis...
    Je navigue un moment entre route, nationale, autoroute et voie ferrée !
    Tours et détours avec de beaux passages au bord du Rio alors que le soleil  émerge au-dessus
    des montagnes.


    Premier pueblo, La Pola de Gordón, avec tout au long du parcours des bancs et des aires de
    pique-nique. Je m'arrête dans cette localité pour acheter un petit tube de colle afin de coller
    mes semelles et je m'arrête dans un bar boire un Cafe con leche.

    À Beberino je quitte définitivement les bords du Rio Bernesga. Après un moment d'échange
    avec un Canadien que je laisse partir devant moi, j'affronte la montée vers Buiza qui est à 1120 m
    avec un passage devant l'Ermita de Nuestra Señora del Valle.
    Dans ce pueblo, il y a plusieurs fontaines où je remplis ma gourde d'une eau bien fraîche.

    Ensuite, la montée devient plus raide pour aller vers l'Alto (Forcadas de San Anton) qui est à 1462 m.
    Le panorama est splendide avec tout autour ces montagnes aux formes déchiquetées et les sentiers
    qui se faufilent au milieu des pins, sapins, genêts et bruyères. L'environnement est contrasté entre
    la végétation encore assez fournie et les montagnes rocailleuses qui m'entourent...

    Arrivé au col, je fais une pause pour rafraîchir les pieds et prendre un peu de repos après les efforts
    de l'ascension. Il reste 6 kilomètres de descente pour arriver à l'étape. L'itinéraire emprunte d'abord
    une large piste au milieu des conifères que je quitte pour suivre des sentiers à flanc de montagne
    d'où j'ai une vue superbe sur tous ces sommets qui couvrent l'horizon. En face de moi, il y a une
    barre rocheuse impressionnante ! L'itinéraire est bien balisé avec des bornes jacquaires.
    Un peu plus loin, je rejoins une piste de terre puis un sentier à peine tracé qui serpente au milieu
    des prés et de la lande.

    La fin de l'étape me paraît un peu longue... Je crois être arrivé et il y a encore de nouveaux sentiers
    et de petites bosses à franchir... Finalement, après avoir traversé un arroyo sur une passerelle,
    je débouche sur le pueblo de
    Poladura de la Tercia
    et j'arrive à l'Albergue vers 15h.
    Je retrouve les mêmes pèlerins qu'hier et également un lit à l'étage.

    J'ai du temps pour me reposer, écrire mon carnet, envoyer un texte sur FB et quelques mails...
    Le soir nous prenons le dîner tous ensemble dans l'Albergue avec des plats achetés à la Meson,
    le tout arrosé de plusieurs bouteilles de cidre que nous avions achetées précédemment dans une
    petite sidreria locale.
     

 

L'intérieur de la Sidreria où nous avons acheté quelques bouteilles...
 

 

Hébergement à l'Albergue de Peregrinos de Poladura de la Tercia
(Dans les anciennes écoles)
Tél. 639 231 443 (María) - 626 143 010 (Fernando)
Ouverte toute l'année - Prix 7 euros
14 lits avec étages -
( 3 coquilles)



    Je ne sais pas nécessairement où un chemin me mènera
    et si mes forces me porteront jusqu'au terme. 
    En revanche, je suis assuré de ce à quoi il me soustraira :
    Un assoupissement qui n'est pas une forme d'équilibre, un repli sur soi. 

    La solitude qui parfois l'accompagne n'a rien d'amer.
    Elle me restitue à ce qu'il y a de plus grave et doux en moi
    et demeure mon compagnon : le Chemin.

    Tandis que je marche, j'ai le sentiment d'être l'auteur de mes pas. 
    La joie est alors au rendez-vous quelle que soit ma fatigue, 
    puisqu'elle s'accompagne du sentiment de créer...


    Pierre Sansot
     


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