Mercredi 21 Septembre : 2016 Ribadeo > Lourenza   (27 km)

 

Étape 31/38

 


    Si après ma mort

    Si après ma mort, vous voulez écrire ma biographie,
    Rien de plus simple.
    Elle n’a que deux dates – celle de ma venue au monde et celle de  ma mort.

    Entre une chose et l’autre tous les jours sont à moi.
    Je suis facile à définir.

    J’ai vu comme un damné.
    J’ai aimé les choses sans la moindre sentimentalité.
    Je n’ai jamais eu de désir que je ne puisse réaliser, parce que je n’ai jamais perdu la vue.
    Même entendre n’a jamais été pour moi qu’un accompagnement de voir.

    J’ai compris que les choses sont réelles et toutes différentes les unes des autres.
    J’ai compris ça avec les yeux, jamais avec la pensée.
    Comprendre ça avec la pensée, ce serait les trouver toutes semblables.

    Un jour, le sommeil m’a pris comme n’importe quel enfant.
    J’ai fermé les yeux et je me suis endormi.
    A part ça, j’ai été l’unique poète de la Nature.


    Fernando Pessoa (Alberto Caeiro)

 

Là où il n'y a le choix qu'entre lâcheté et violence,
je conseillerai la violence


Gandhi

 



La balise en Galice à l'inverse de celle des Asturies
indique la direction dans le sens des lignes qui partent du cœur.



Aube légère à mon coeur...


Chapelle à San Vicente


La belle campagne galicienne...


Les belles petites routes campagnardes...



Les paysages de Galice qui me ravissent...




      
Pèlerin danois et chevaux galiciens


Les cultures de maïs sont omniprésentes...

    
Juan, le pèlerin espagnol qui essaye d'adopter ce chat ...


Les longues pistes qui s'étendent au milieu des forêts d'eucalyptus


Les cyclistes qui s'interrogent au pied de cette piste montante...



Lourenza

                    
Statues de part et d'autre du porche d'entrée de la Cathédrale

                                    
       Fuente en Lourenza
                  

Saint-Jacques


Saint-Roch


 
La nef centrale de la Cathédrale


    Je quitte la Pension avec Danielle à 6h. On suit une petite route jusqu'à San Vicente qui nous
    promène à travers une belle campagne jalonnée de quelques hameaux, et là, par chance,
    nous trouvons un bar pour prendre un petit-déjeuner qui commençait à se faire désirer après
    presque 10 kilomètres...
    Danielle marche plus vite, aussi je la laisse partir en avant et je continue seul...

    Il y a beaucoup de dénivelés qui se succèdent avec de beaux passages en forêt au milieu des
    pins et des eucalyptus.
    Le paysage alterne des collines boisées et de vertes vallées où sommeillent dans le petit matin
    de belles vaches pourvoyeuses d'un bon lait galicien !

    Je traverse une succession de hameaux en suivant des petites routes et des pistes forestières.
    C'est cette belle Galice profonde que j'ai chantée l'année dernière et que je suis heureux de
    retrouver, avec ses collines arrondies, ses villages accueillants et ses cultures bien ordonnées...

    Je fais une pause dans un bar qui réserve un bon accueil aux pèlerins à San Martin Grande.
    La fin de l'étape est fatiguante car je dois affronter une longue piste montante au milieu des
    eucalyptus qui se termine par une longue descente qui conduit directement à Lourenza où
    je me dirige tout droit à l'Albergue...

    En fin d'après-midi, je fais un tour en ville, principalement pour visiter la Cathédrale qui est
    superbe et qui a quelques similitudes avec celle de Santiago. Elle renferme une belle statue
    de Saint-Jacques sur le rétable situé au-dessus du chœur et également une curieuse statue de
    Saint-Roch.

    Le soir, je dîne avec Danielle dans la
    Meson-Restaurante O Pipote :
    Super apéro avec tapas à volonté, puis grosse salade mélangée, saumon avec pommes de terre
    et tomates le tout bien arrosé d'un bon vino tinto et pour finir un chupito de orujo de hierbas...

     

 

Le Monasterio de San Salvador avec  l'Ayuntamiento et la Cathédrale à Lourenza
 

 


Hébergement dans l'Albergue de Peregrinos de Lourenza
3 dortoirs - 24 lits - Cuisine
 (3 coquilles)

 



    Je porte dans mon cœur
    comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein,
    tous les lieux que j’ai hantés,
    tous les ports où j’ai abordé,
    tous les paysages que j’ai vus par des fenêtres ou des hublots,
    ou des dunettes, en rêvant,
    et tout cela, qui n’est pas peu, est infime au regard de mon désir.

    La vie me donne-t-elle trop ou bien trop peu ?
    Je ne sais si je sens trop ou bien trop peu, je ne sais
    s’il me manque un scrupule spirituel, un point d’appui sur l’intelligence,
    une consanguinité avec le mystère des choses, un choc
    à tous les contacts, du sang sous les coups, un ébranlement sous l’effet des bruits,
    ou bien s’il est à cela une autre explication plus commode et plus heureuse.

    Quoi qu’il en soit, mieux valait ne pas être né,
    parce que, toute intéressante qu’elle est à chaque instant,
    la vie finit par faire mal, par donner la nausée, par blesser, par frotter, par craquer,
    par donner envie de pousser des cris, de bondir, de rester à terre, de sortir
    de toutes les maisons, de toutes les logiques et de tous les balcons,
    de bondir sauvagement vers la mort parmi les arbres et les oublis,
    parmi culbutes, périls et absence de lendemain,
    et tout cela aurait dû être quelque chose d’autre, plus semblable à ce que je pense,
    avec ce que je pense ou éprouve, sans que je sache même quoi, ô vie.


    Fernando Pessoa - Passage des heures

 

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