Lundi 26 Septembre 2016 : Roxica > Sobrado dos Monxes > Boimorto    (27 km)

 

Étape 36/38

 


    Poème du temps qui a passé


    ce qui m'est planté dans le cœur
    écharde et couteau qui ne s'arrachent pas
    souffrir ne finira que par le noir

    la nuit m'entoure elle me noie
    au loin les fantômes du passé tremblent
    et me font signe désespérément
    dans les fracas de l'histoire et l'effondrement
    de l'avenir à quoi pouvais-je me raccrocher
    désespérément
    qu'à l'amour qui sans cesse file

    comme grains de sable entre les doigts
    et je m'étonne de l'étrangeté de ces choses
    c'est le passé qui a vieilli
    alors que je reste figé dans un présent
    planté dans le cœur

    tout n'est que silice
    dans cette nuit profonde de vivre
    où survivre
    à tout ce qui me sépare
    arrachez cette cilice
    qui me colle à la peau
    qu'on en finisse

    vieil oiseau déplumé
    vieil indien aux signaux de fumée envolés
    à jamais à jamais à quoi peux-tu prétendre

    tu portes ta croix comme une cicatrice
    au fond de l'œil que tu ne vois pas
    et qui t'empêche de voir

    ah cassez ce chant
    déchirez ces vers
    qu'on en finisse
    oui qu'on en finisse
    avec ce qui ne veut pas mourir
    et qui toujours renaît

    il ne viendra pas ne viendra plus
    ce jour couleur d'oranger


    Lucien Wasselin
    - Traversée de la mémoire

 

NN Ne regrettons pas le passé, ne nous préoccupons pas de l'avenir :
le sage vit dans le présent.


Viramakarita

 




L'aube est une amante qui met tous les sens en éveil...






...Et lorsque le soleil apparaît, c'est un éblouissement !






Rencontres insolites...








Les Eucalyptus qui se dressent fièrement vers le firmament


La vache et son petit avec un même regard...



Le lac de Sobrado






Détails sur le lac...








La première vue sur le
Monastère Santa Maria de Sobrado

                           

La façade de l'église



La visite de l'ensemble monastique...

                           

                           

                            



Dernier regard sur le monastère


La belle nature de Galice


Les pèlerins croisent un troupeau de vaches


Longue piste propice à la mémorisation de poèmes...


Tiens ! 2 pèlerins qui me rejoignent !

    
Capilla de San Miguel de Boimil                                                          Albergue de Boimorto

    
                                                                                                         Un couple sympathique rencontré dans l'Albergue


 
Le restaurant Vilanova où je me suis régalé !!!


    Je quitte l'Albergue à 6h. Il fait nuit. Je marche avec ma lampe frontale...
    C'est une belle fin de nuit avec le croissant de lune qui jette une pâle lueur sur les
    frondaisons et les étoiles qui scintillent...

    Je suis enveloppé par une douce stridence qui émerge du silence de la nuit.
    Au loin le clignotement des éoliennes, un coq chante et ce bel équilibre est rompu
    par les aboiements des chiens qui proviennent des fermes encore endormies...

    Il y a aussi ces sentinelles toutes habillées de blanc qui sont les gardiennes du Chemin !
    Ce sont les petits eucalyptus dont les feuilles reflètent la lumière de ma lampe.
    Marcher la nuit sous cette voûte céleste où les galaxies et les milliards d'étoiles sont
    lancées dans une course éperdue vers un infini que l'esprit humain ne peut concevoir,
    c'est magique !

    C'est un moment de communion avec la nature qu'on ne retrouve pas au cours de la journée,
    un moment d'oraison silencieuse, de transcendance où l'on devient l'AUTRE,
    celui que JE SUIS dans mon essence première...


    Belle surprise que ce petit oiseau posé sur une barrière dont les yeux et le plumage
    se reflétaient dans le rayon de ma lampe.

    Comme les jours précédents, il y a une alternance de pistes forestières, de chemins creux
    et de petites routes au long desquelles s'égrènent quelques hameaux...
    Dans l'un d'eux, j'aperçois au milieu de la route 4 ou 5 chiens en liberté qui aboient à
    mon approche. Je prends sur moi et avec assurance j'avance en tapant mes bâtons sur le
    macadam, les chiens me tournent autour sans trop s'approcher et je passe fier comme
    Artaban !

    J'arrive vers 10 h à Sobrado dos Monxes.
    Je vais directement au Monastère de Santa Maria où je suis accueilli par un moine anglais.
    Je fais tamponner ma crédenciale et ensuite je vais visiter cet ensemble monastique
    cistercien qui remonte au 12ème siècle (Voir ci-dessus les photos).
    Ces bâtiments sont vastes et portent les stigmates des siècles passés, mais l'architecture
    baroque qui prédomine est tout à fait impressionnante. Entre le cloître des pèlerins,
    celui des médaillons, la salle du chapitre, l'église, le chœur, la sacristie et les chapelles,
    on peut y passer une bonne heure dans une atmosphère d'un autre temps...

    Je prends ensuite un petit-déjeuner dans un bar et un peu après 11h, je reprends le
    chemin. Alternance de routes, de pistes et de sentiers avec quelques dénivelés.
    Je me régale de quelques mûres et je commence à apprendre un beau poème du Poète
    Québecois Gaston Miron : "
    Compagnon des Amériques".

    J'arrive à l'Albergue de Boimorto à 14h où je reçois un bon acceuil de la part d'une jeune
    femme hospitalière. Après les occupations d'usage et un bon temps de repos, je vais faire
    un tour dans cette localité qui est composée d'une suite de maisons alignées le long de la
    route. C'est un peu sinistre et je vais me réconforter avec un verre d'Albariño dans un bar
    assez animé.

    Un peu plus tard je vais à l'unique restaurant ouvert "Le Vilanova" situé sur la route
    nationale. Et là j'aurai une agréable surprise. Je suis accueilli par un jeune homme qui
    me propose un menu à 9 euros et accepte de me servir bien qu'il soit 19h !
    Pâtes avec crevettes et poulpe, colin à la romaine, dessert, vin et 2 orujos de hierbas !!!
    C'est ce qu'il me fallait pour me remonter le moral car comme cela arrive parfois sur le
    Chemin, sans raison apparente on peut avoir un coup de blues...


 

Un groupe de pèlerins...  Cela sent la proximité de Compostelle...
 

 

Hébergement à l'Albergue de Boimorto
Bon accueil par une hospitalera
Grande et spacieuse Albergue ouverte récemment
6 euros la nuit
Grande cuisine avec peu d'équipement
 (3 coquilles)



    Les Gués

    Je mourrai silencieusement avec ce cri dans la gorge je t’aime
    pour avoir perdu dans la nuit le charme des lumières
    je parle nu avec un vètement d’aube troué sur mes épaules
    la ville comme une jeune fille ne connaît plus l’intelligence d’aimer

    Dieu regarde les gens avec un sourire très fin
    l’aube l’aube profile la mort dans les veines des amants
    j’ai le regret de ton feu mais le bonheur continuel des attentes dans mon sang

    Il s’agissait de la mort et du voyage péril des songes
    du franchissement de leurs gués dans les bouches du temps
    la parole de l’hiver a vécu dans le naufrage du mensonge
    et dans ma gorge désaimée le chagrin brûlé par les silences.

    Luc Vidal
     

 

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