Le Chemin Côtier Portugais Pontevedra > Armenteira - 22 km Lundi 23 Septembre 2024

12ème étape

 

Il faut toute la vie
pour apprendre à vivre...


Sénèque

 


    Pontevedra : Point de départ de la Variante Spirituelle

    Cette variante du Chemin Portugais est également connue comme
    " La Route de la Mer d’Arousa et de la Rivière Ulla".
    Elle débute dans la ville de Pontevedra et se déroule en deux étapes
    à travers la magnifique région d’O Salnés.
    Les pèlerins qui empruntent cet itinéraire peuvent revivre
    par la mer le voyage du corps de l’apôtre Saint-Jacques
    naviguant sur les eaux de l’estuaire d’Arousa.

    La Variante Spirituelle de la Voie Portugaise est composée de trois
    étapes, qui parcourent environ 73 kilomètres et qui servent à relier
    la Voie Portugaise avec "la Route de la Mer d'Arousa et de la Rivière Ulla".

     

 



 

 



Aux premières lueurs du jour, le Rio Lérez que je vais traverser en empruntant le Ponte de Burgo








Une treille automnale...






Une végétation luxuriante...

 









Église San Pedro de Compañó






Entre treilles et eucalyptus...

           






Un record de longueur pour cet horréo !



J'arrive à Poio où se trouve un Monastère Bénédictin Médiéval

          



Un couple de pèlerins italiens...


J'arrive au bord de la Ria de Pontevedra...



Je suis subjugué par la beauté de cette côte au bord de la Ria...













Les Horreos sont partout...








Traversée de Combarro





Le port de Combarro






La montée vers le Mirador de Companario...

            







Le Monastère d'Armenteira




           


          
Saint Roch mon compagnon de Chemin...                                                                              

           


  


    

Une Galerie de Calvaires...

                         


                      


                       
 

Profil de l'étape


    Lundi 23 septembre
    Chemin Portugais par la côte - Variante Espiritual
    Route de la pierre et de l'eau
    12ème étape de Pontevedra à Armenteira - 22 km

    Je quitte l'hostel à 7h. Cela prend un peu de temps pour sortir de la ville. 

    Aujourd'hui il y a 2 itinéraires :
    - Le Chemin Traditionnel 
    - La Variante Espiritual

    Je pensais que la séparation se faisait dans Pontevedra mais en fait elle se fait seulement après trois
    ou quatre kilomètres... Le plus gros des pèlerins part sur le Chemin Traditionnel vers Caldas de Reis.

    La première partie de cette variante se déroule entre petites routes, pistes forestières, traversée de 2 localités,
    Compaño et Poio où se trouve un monastère bénédictin médiéval. Sur cette partie il y a quelques dénivelés
    et ensuite une belle descente pour arriver au bord de la Ria de Arousa à Combarro, une belle cité avec une
    partie historique, une plage et de nombreux hórreos.


    "Un hórreo estun grenier typique du nord-ouest de la péninsule Ibérique
    (principalement Galice et Asturies en Espagne et région Nord au Portugal),
    construit en bois et pierre, et élevé sur des piliers terminés par des supports plats
    afin d'en interdire l'accès aux rongeurs. La ventilation est assurée par des fentes dans les murs."


    C'est une partie de la Galice que je ne connaissais pas et qui est vraiment agréable. 
    On se croirait au bord d'un lac italien où au bord du lac du Bourget...
    Après un arrêt dans un bar pour boire un coca et manger deux pinchos,
    j'entame une rude montée qui m'emmène au sommet des collines...
    Tout au long de cette montée il y a de nombreuses vignes en treilles et comme j'avais envie d'une bonne
    grappe de raisin, sans que je demande rien, une dame vient vers moi et me l'offre !
    Je ne sais comment la remercier...
    Je m'arrête au bord d'une petite fontaine pour manger ce raisin et je  reprends la montée...
    Je continue cette petite route qui passe au milieu de ces nombreuses vignes et  si je me retourne,
    j'ai une belle vue sur la Ria de Arousa.

    Ensuite, c'est une longue traversée d'une  magnifique forêt principalement d'eucalyptus, mais aussi des pins,
    des mimosas, des châtaigniers et un bel environnement de fougères. Je quitte cette route pour prendre une
    piste légèrement sablonneuse qui continue à monter progressivement jusqu'à un point haut d'environ 420 m.
    Comme je me suis attardé, la plupart des pèlerins sont passés devant moi et je me retrouve seul dans cet
    environnement de forêt.
    Je retrouve les mêmes sensations que celles vécues lors de mes pérégrinations solitaires sur de nombreux chemins... Après quelques kilomètres de traversée dans cette forêt, la piste descend et se termine par un
    sentier tortueux qui mène à Armenteira, terme de cette étape.
    Mais, pour moi ce n'est pas fini, car mon hébergement se trouve à environ 1 km au-dessus de ce village
    avec pour terminer une bonne grimpée...

    Un peu plus tard je descends visiter le monastère d'Armenteira où vivent des sœurs cisterciennes.
    J'assiste aux Vêpres qui se terminent par une bénédiction des pèlerins.
    Et la soirée se termine à l'unique restaurant du village...

     

 


    Récit de Raphaël Chouraqui (Copié avec son autorisation sur les publications FaceBook)
    Octobre 2025


    De Pontevedra à Caldas de Reis -
    La Ferveur Galicienne
    Symphonie de la Pluie sur le Chemin des Rois.


    Comme depuis 3 jours, la marche commença dès l'aube frisquette qui enveloppait Pontevedra, sous le ciel
    bas et lourd typique de la Galice. Le pèlerin, drapé dans son vêtement de pluie, quitta les lumières tamisées
    de Pontevedra, où l'écho des cloches de la Virgen Peregrina s'effaçait dans l'humidité nocturne.
    C'était la onzième étape, celle qui menait les corps fatigués vers la petite ville de Caldas de Reis,
    et qui s'annonçait comme un chapitre de patience et d'endurance.

    La pluie, fine et persistante, avait transformé les sentiers en rubans de boue et d'argile, rehaussant les
    couleurs des capes de pluie. Le cortège de ces marcheurs, venus chercher leur Compostela sur les cent
    derniers kilomètres se resserra. Les sacs à dos brillants, devenus d'étranges cocons imperméables,
    avançaient en silence, dans une communion forcée par la rigueur du ciel galicien.
    Sous ces housses de fortune, un cortège de pèlerins s'étirait sur la route, une chaîne humaine mue par
    la foi et la seule perspective d'une douche chaude et d'un lit sec.

    Ces groupes, bruyants et ricanants, en grande partie, représentait les cortèges des "100 derniers" kilomètres,
    ceux qui ont rejoint le Camino tardivement mais avec la même ferveur. Le vent d'ouest charriait la pluie,
    une brume froide et persistante qui semblait s'être donné rendez-vous avec les pèlerins pour cette onzième
    étape. Elle frappait les visages, lessivait les marques jaunes et les coquilles, et transformait le Chemin
    lui-même. Les sentiers, n'étaient désormais que de  longs rubans d'argile brun et glissant.

    Chaque pas était une méditation sur l'équilibre, une lutte sourde contre la gravité et la fatigue.
    Mais le spectacle était d'une beauté insolite : La nature, hostile, avait imposé une uniformité vibrante
    au cortège qui s'étirait à travers la campagne. Les sacs à dos, ces lourds fardeaux symboliques, avaient
    disparu sous d'étranges cocons imperméables aux couleurs saturées, orange flamboyant, bleu électrique,
    vert acide. Ces touches de couleur, contrastant avec le gris monotone du ciel, donnaient à la file une allure
    de chenille extraterrestre progressant lentement. C'était le rassemblement des « Cent Derniers », ceux qui
    avaient choisi de s'élancer à l'approche de Saint-Jacques-de-Compostelle pour valider la distance minimale
    requise pour la Compostela.

    Ces groupes, plus nombreux et bruyants que les marcheurs de longue haleine, apportaient une énergie
    exubérante, faite de rires fusants et de conversations animées, tranchant avec la solennité des autres.
    Ils formaient une chaîne humaine vibrante, une armée joyeuse où la ferveur religieuse côtoyait l'esprit
    d'aventure. Leur enthousiasme, loin d'être un manque de respect, était une autre forme de communion :
    La joie simple d'être ensemble sur le chemin, de partager l'épreuve de la pluie et la promesse d'une destinée
    commune.

    Chaque pèlerin, qu'il ait commencé à Séville ou la veille à Vigo, n'avait plus qu'un seul horizon :
    La perspective salvatrice d'une douche chaude pour détendre des muscles meurtris, le réconfort d'un lit
    sec après une journée passée dans l'humidité, et surtout, l'attrait mystérieux de la cité thermale romaine,
    Caldas de Reis, promesse de chaleur et de soulagement au terme de la marche.
    Ces petites victoires matérielles étaient le carburant invisible qui poussait la caravane à avancer, pas après
    pas, à travers les brumes de Galice. Le chemin partout est une histoire à ciel ouvert.
    Ici, le goudron s'effaçait pour laisser place aux dalles de pierre, polies par le passage des charrettes, réminiscences de l'antique Voie Romaine (la Via XIX). Marcher sur ces pierres glissantes, c'était ressentir
    le poids des siècles, se fondre dans la lignée des légions romaines et des marchands ambulants qui, bien
    avant les pèlerins, ont tracé cette même route.

    Des croix de pierre moussues, des petits autels improvisés, rappelaient que la route est une voie sacrée,
    un hymne à la foi. Le paysage s'ouvrait et se refermait : Tantôt une étroite sente bordée de hauts murs
    de pierre, tantôt un large chemin cerné de vignes en restes de récolte, de forêts de châtaigniers et
    d'eucalyptus, dont l'odeur mentholée se mêlait à celle de la terre mouillée.
    Le crissement des bâtons de marche, le bruit sourd des bottes dans la boue et quelques murmures en langues
    étrangères composaient la symphonie monotone de cette étape sans relief, chacun isolé dans son cocon de
    plastique sur les épaules.

    L'espoir de la journée, la récompense suprême des corps douloureux, résidait dans le point d'arrivée :
    Caldas de Reis. L'antique "Aquis Celenis" – la cité thermale romaine. Traversant la rivière Umia par son
    vieux pont de pierre, les pèlerins savent à ce niveau qu'ils sont enfin arrivés.
    Là, les eaux chaudes, sulfureuses, jaillissant des profondeurs de la terre, attendaient d'apaiser les muscles endoloris.
    C'était un lieu de repos ancestral, une promesse de guérison et de chaleur au cœur de la Galice pluvieuse.

    La fatigue s'estompait déjà à l'idée de se déchausser, de plonger les pieds meurtris dans cette source de vie,
    avant d'aborder les ultimes jours qui les séparaient de Saint-Jacques-de-Compostelle.

     

 


    Hébergement "Habitacion Ideal Peregrinos' à Armenteira
    Aldea Cuchin, 1
    B - Chambre chez l'habitant
    Située à 1 bon kilomètre du monastère
    avec une bonne grimpée pour y arriver.
    La chambre est bien, mais l'emplacement n'est pas idéal.
    Trop excentré et pour le dîner descendre et remonter...
    2 coquilles



     

 



 

 


Rabanal del Camino / Ponferrada
J’ai marché pour deux frères, ceux qui doutent…

Deux Frères


Chacun a gravi comme moi,
 Sa montagne
Chacun a cheminé,
Jours de pluie, de soleil
Chacun a fait ses choix,
Poursuivre ou renoncer.

Encore un pas, encore
Il faut te dépasser
 Si tu veux voir jaillir
Découpé dans l’espace
Cet espoir que chacun
Rêve de caresser

Et il faut s’accrocher,
La nature est si belle
Le vent si généreux
La fraîcheur reposante,
Les sentes verdoyantes

Plus tard,
Lorsque le vent aura
Rameuté les nuages,
Quand ton ciel sera gris
Sous les nuées d’orage,
Lorsque l’éclair aura
Zébré ton ciel,
Tourne-toi, face au vent
Ruisselant au tonnerre
Sois debout,
Et brave l’éternel !
(Tu pleureras peut-être)

Et après, tu pourras
Retourner vers les hommes
Lavé de tout orgueil
Sorti de toute peur.
Du passé, du présent,
Tu feras toute somme
Pour garder en ton cœur
Ce qu’il a de meilleur

Aujourd’hui, j’ai marché
Pour remercier le temps,
La patience et l’espace

Aujourd’hui j’ai marché
Pour demander miséricorde
Et pour que soient saisis
Tous les moments de grâce


Ponferrada le 29 Mai 2004

Alain Puyssegur
 

 

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