Le Chemin Côtier Portugais
Vigo > Redondela - 16,5 km

Samedi 21 Septembre 2024

10ème étape

 

Il n'y a pas de plaisir plus doux que de surprendre
un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.


Charles Baudelaire

 




À la sortie de la ville,  la Baie de Vigo est dans le brouillard...





Au fil des étapes le nombre de pèlerins s'accroît...

           




Le brouillard de lève et je peux admirer la Baie de Vigo










          




"Destrecho de Rande" à moitié dans le brouillard...

Le détroit de Rande, formé entre Punta da Besta et Punta Rande, constitue la partie la plus étroite de cet estuaire.
Traversé par le pont et l'autoroute, il y a une longueur de 390 m entre les piliers avec une hauteur au centre de 39 m.
Après le pont, l'estuaire s'élargit et nous accédons à la baie de San Simón,
un lieu exceptionnel de par ses caractéristiques physiques
pour la pratique du dériveur et de la planche à voile.






Un beau chataîgnier


Dernière vue sur le pont...

             
Un beau calvaire qui marque la fin de la Senda da Auga

            
Redondela
Vue d'en haut depuis la fenêtre de ma chambre




           

Église de Santiago







           
                                                                                      
Saint-Roch, mon compagnon de Chemin

          
                                                                                Une belle Vierge à l'enfant


 

Profil de l'étape


    Samedi 21 Septembre
    Chemin Portugais par la côte - Senda Litoral
    10ème étape de Vigo à Redondela - 16,5 km
    .

    La sortie de Vigo est assez longue... Une bonne heure pour sortir de la ville et trouver des petites routes
    tranquilles dans un environnement résidentiel. Dommage ! La vue sur la baie de Vigo est bouchée
    à cause du brouillard. Quelques tours et détours sur ces petites routes et j'arrive à un stand où je peux
    faire tamponner ma crédenciale et prendre un fruit ou une boisson fraîche. Ensuite je prends un chemin
    de terre qui traverse une zone forestière.
    Comme on est maintenant à moins de 100 km de Santiago, il y a de plus en plus de pèlerins...

    Je retrouve une petite route qui traverse plusieurs localités... En fait on ne sait pas trop si c'est la même
    localité, car il y a  une succession d'habitations... Tout cet itinéraire se passe à flanc de colline. Il y a très
    peu de dénivelé. À nouveau, une zone forestière avec des eucalyptus, des pins et quelques hêtres...
    Il y a pas mal de cyclistes qui passent  sur ce chemin !

    Alors je vais y aller de mon coup de gueule :
    "Comment les cyclistes n'ont pas compris qu'il leur fallait mettre une sonnette sur leur vélo afin de
    prévenir les marcheurs de leur passage ! Cela fait des années que je subis ce stress d'être surpris par
    un cycliste, au risque d'être renversé, parce que je ne m'y attends pas et que je peux à ce moment-là
    faire un écart.'"

    Je continue sur cette piste forestière où il y a de nombreux châtaigniers.
    J'arrive sur une petite route qui traverse une localité et j'aperçois dans la brume le pont qui enjambe
    la Ria de Vigo. Et puis de nouveau, longue piste forestière entrecoupée de passages bitumés au milieu
    d'une belle forêt d'eucalyptus.
    Le brouillard se lève peu à peu et je commence à avoir de belles vues sur la Ria (Baie) de Vigo.

    Cette piste qui s'appelle "la Senda da Auga" débouche sur une route qui descend fortement vers une
    place où se trouve un beau calvaire.  Un peu plus loin, il y a encore une descente assez raide qui amène
    sur la nationale. Encore quelques centaines de mètres pour entrer dans Redondela.
    Comme il est tôt, je m'arrête dans une cafétéria pour manger un  plat et boire un verre de vin.
    J'arrive à mon hébergement à 14h.

    Je suis au 4ème étage d'un petit immeuble. Petite chambre avec terrasse et salle de bain commune.
    À partir de Redondela, le flot des pèlerins va augmenter, parce que c'est dans cette localité que se
    rejoignent les deux chemins, le chemin côtier et le chemin intérieur...

    À l'Office du Tourisme, la dame avec laquelle j'ai parlé me dit qu'il vient de passer un groupe d'une
    vingtaine de pèlerins venus de Taïwan...

    Dans l'après-midi je vais visiter l'église de Redondela qui est magnifique.
    Entre autres statues, je déniche une belle statue de Saint-Roch...

     

 


    Récit de Raphaël Chouraqui (Copié avec son autorisation sur les publications FaceBook)
    Octobre 2025

    De Vigo à Redondela – 16,5 km


    Le réveil à Vigo fut un retour amer à la réalité. Le chemin ne tient pas toujours ses promesses de liesse
    et d'émotions positives. Oui ! Il peut y avoir des jours sans sur le chemin. Après une journée de repos,
    le corps, loin d'être totalement régénéré, se préparait à affronter l'humidité persistante de la pluie du jour
    et le ciel bas qui enveloppait la ville et le port.

    Le petit-déjeuner à l'hôtel Casablanca, rapide et fonctionnel, toasts grillés, croissant, beurre et confiture,
    m'offrit un dernier moment de confort avant de m'engager dans le tumulte urbain et pressé du lundi matin.
    Le ciel gris plombé, miroir de l'humeur des pèlerins, déverse une pluie fine, tenace.

    La traversée de Vigo fut une épreuve, de trottoirs en trottoirs, sous les lumières blafardes des lampadaires
    qui luttent encore contre le jour naissant, tandis que les premières silhouettes de passants se hâtent vers
    leurs tâches du jour, indifférents à la marche lente et réfléchie du Camino. La ville se révèle sous un jour
    brut, faite de béton, de bitume, de trafic et de l'éclat humide des rues grouillantes.

    Progressivement, la trace des flèches jaunes s'écarta du centre ville pour emprunter les chemins de traverse,
    loin des quais hérissés de grues et de conteneurs maritimes laissant derrière elle les couleurs vives des
    maisons en bord de mer. Le chemin se transforma, épousant le tracé d'une ancienne voie ferrée réhabilitée
    en parcours de santé et sentier de pèlerinage. C'est à présent, une longue ligne droite, de plusieurs km,
    de montées et de descentes, bordée de verdure malgré la grisaille.
    La pause des 10h dans un bar avec une portion de tortilla fut la bienvenue.

    Le chemin reprend le long de la nationale, monotone et bruyant, se faufilant entre le trafic et le garde-fou,
    sur un long ruban bitumé qui offre un répit visuel lointain au-dessus de la Ria sur le pont suspendu de Rande
    qui se perdait dans les nuages bas. Au large de la baie de Vigo, chaque barge, du parc flottant de production
    de moules, peut produire jusqu'à 200 tonnes, un produit AOC, auquel il faut 18 mois de culture pour être
    propre à la consommation. C'est un des produits phares de la baie de Vigo et, en général, de la Galice.
    Elles sont typiquement cuites à la vapeur.

    Malgré l'humidité persistante qui pinçait et s'infiltrait parfois sous ma cape de pluie, mon corps reprend
    son rythme, un mouvement méditatif déconnecté au milieu du bruit du trafic. Après avoir passé un porche
    marqué "Chapela Redondela" le paysage se fit plus rural, les montées de traverse plus franches. Après cette
    courte étape de transition d'une petite vingtaine de kilomètres, l'arrivée à Redondela fut un changement
    d'ambiance total. La petite ville, nichée au creux des viaducs ferroviaires, est un véritable carrefour d'âmes
    pèlerines en errance.

    Ici, la variante côtière du Caminho da Costa Portugēs rejoint le Camino Central, multipliant soudain le
    nombre de pèlerins. Les rues résonnent des conversations et des cliquetis des bâtons sur les pavés.
    Des groupes, fraîchement débarqués pour les "100 derniers kilomètres", apportent une énergie nouvelle
    au chemin, mêlée à l'épuisement silencieux de ceux qui viennent de plus loin.

    L'Albergue des Pèlerins, la Casa da Torre, une élégante maison de pierre historique est un havre de paix
    bien mérité. Le froid et l'humidité de la journée s'effacèrent devant la promesse d'une douche bien chaude
    et d'un lit confortable. L'odeur du linge mouillé et des pieds fatigués emplissait l'air, mais cela fait partie
    de l'ambiance réconfortante du Camino. Le corps endolori trouvait enfin le repos, soulagé par quelques
    massages à l'huile d'arnica pour le préparer aux jours de marche à venir sur les traces de Saint-Jacques...
     

 


    Hébergement Pilgrim Rooms à Redondela
    Rúa Isidoro Queimaliños, 3, 1
    Petite chambre au 3ème étage avec terrasse
    Central - Face à l'Office du Tourisme
    Salle de bains commune
    4 coquilles



     

 


 
Une rue au centre de Redondela

 


Villadangos del Paramo / Astorga
J’ai marché pour l’ami, celui qui vient de mourir…

Pierre

C’était ton chemin,
Pierre Je l’ai suivi, pierres à terre
Le cœur serré.
La terre d’Espagne
Qui court jusqu’en Chalosse
T’enserre désormais
Dans son manteau vivant !
En mère nourricière,
La gangue universelle
A repris son dû.
Celui qui lui est promis
Dès la naissance.
Es-tu parti pour un ailleurs ?
Ou participes-tu simplement
A la grand-messe de la matière ?
Esprit-matière ?
Eternelle question !
La seule certitude,
C’est que tu nous manques cruellement.
Le bref passage de chacun de nous
Sur cette terre
Laisse une trace indélébile…
Je la retrouve dans la détresse de Francette
Et dans les yeux de tes enfants.
Ainsi se dessinent
En sources lumineuses
L’image du passé,
Le sauvage bouquet
Des fleurs en liberté.
Les fragiles aurores,
L’incendie des ‘couchants’
Pathétiques, émouvants,
C’est comme ce chemin
Où je marche aujourd’hui.
Je te les offre
Simplement
Parce que mon flux émotionnel
Est nourri de la rencontre
Que nous avons faite.
Merci Pierre,
Merci pour ta lumière.


Astorga le 27 mai 2004

Alain Puyssegur

 

 

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